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Le responsable de Memorial en Tchétchénie, Oyoub Titiev, reste en prison

Le résultat de l’examen des plaintes de la défense sur la prolongation de l’arrestation d’Oyub Titiev, et du refus d’engager une action sur la fabrication de preuves par les policiers, est connu à l’avance, ont déclaré les avocats et ceux qui travaillent avec lui à Memorial. Selon eux, le procureur n’a même pas jugé nécessaire de se préparer pour le procès; tandis que la cour a ignoré les arguments convaincants de la défense.

Le Nœud Caucasien a rapporté que Oyub Titiev avait été arrêté le 11 janvier pour possession de marijuana.

Aujourd’hui, la Cour Suprême de Tchétchénie a entamé l’examen de la plainte contre la décision du tribunal de Grozny, qui avait refusé d’engager une procédure pénale contre la police, qui, selon Titiev, avait placé la drogue.

La défense a également présenté à la cour deux plaintes contre la prolongation de l’arrestation de Titiev, et a demandé au tribunal de le placer en résidence surveillée. Cependant, le procureur a suggéré que Titiev pourrait commettre un délit s’il quittait le centre de détention.

« Le procureur a avoué qu’il est venu au procès sans préparation, il a dit qu’il n’avait même pas lu nos plaintes », a déclaré Piotr Zaikin, l’un des avocats de Titiev.

Les résultats de l’examen des plaintes sont prévisibles, a déclaré Tatiana Lokshina, chef du bureau de Moscou de Human Right Watch.

Elle est sûre que les déclarations des autorités américaines et européennes sur l’affaire de Titiev ne peuvent pas être considérées comme une tentative d’influencer le tribunal. Elle considère ces déclarations comme l’expression d’une «indignation contre ce montage contre Titiev et les tentatives visant à chasser le Centre Memorial des droits de l’homme de la Tchétchénie.

Source: http://www.eng.kavkaz-uzel.eu/articles/43570/
© Noeud caucasien

Si vous voulez faire quelque chose pour Oyoub Titiev et les défenseurs des droits de l’homme menacés en Russie :

https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2018/06/team-brave-defending-human-rights-in-russia/

Persécutions des homosexuels en Tchétchénie : Malgré les accusations claires d’une victime la justice russe reste inerte

Nous tenons à signaler, pour la première fois, une déclaration publique d’une personne poursuivie pour son homosexualité en Tchétchénie. L’article du Noeud Caucasien apporte des précisions sur un point important malgré cette plainte claire l’enquête semble sabotée et toujours aucune mise en accusation judiciaire. Pour porter assistance à ce jeune homme dans l’immense Russie nous retrouvons comme toujours la représentante de HWR, le président du CPT, le journal Novaïa Gazeta et cette fois à cause de l’évocation de l’homosexualité le mouvement LGBT.

Russie: une victime témoigne des violences policières contre les homosexuels en Tchétchénie.

Maxime Lapounov, le 16 octobre 2017 à Moscou, lors d’une conférence de presse. – Alexander Nemenov – AFP

Maxime Lapounov, 30 ans, raconte avoir été retenu 12 jours dans une cellule en Tchétchénie, où il a été battu sans relâche pour qu’il révèle le nom d’autres homosexuels. Il révèle avoir porté plainte en août.

Pour la première fois ce lundi, une des victimes des persécutions subies par les homosexuels en Tchtéchénie s’est exprimée publiquement, à visage découvert, sur les violences perpétrées par la police.

« L’accusation principale contre moi était d’être homosexuel », a assuré Maxime Lapounov, 30 ans, lors d’une conférence de presse tenue à Moscou dans les locaux du journal Novaïa Gazeta, qui a révélé l’affaire.

Originaire d’Omsk, en Sibérie, Maxime Lapounov dit avoir travaillé en Tchétchénie depuis 2015, vendant notamment des ballons près d’un centre commercial à Grozny, la capitale tchétchène.

Il affirme avoir été arrêté le 16 mars dernier par des personnes en civil et emmené vers un poste de police où il a passé 12 jours dans une cellule.

« Toutes les 10 ou 15 minutes, ils (policiers, ndlr) venaient dans ma cellule en me disant que j’étais gay et qu’il fallait tuer des gens comme moi », a affirmé Maxime Lapounov, qui a ensuite dit avoir été « battu très longtemps avec des bâtons (…) sur les jambes, les cuisses, les fesses et le dos », par des hommes lui demandant de révéler l’identité d’autres homosexuels.

« Ils se comportaient de manière très agressive, cruelle, en m’humiliant et m’insultant », a-t-il assuré, en affirmant avoir entendu quotidiennement « les cris et les demandes de grâce » des autres homosexuels arrêtés et torturés selon lui par la police.

« La seule chose que je souhaite, c’est que justice soit faite »

Si Maxime Lapounov a indiqué ne pas avoir été soumis à des chocs électriques, il rapporte avoir vu un générateur électrique à manivelle correspondant à un appareil décrit par d’autres victimes, qui aurait servi à les torturer, rapporte le New York Times.

Le jeune homme a affirmé avoir été contraint de laisser ses empreintes sur une arme et admettre dans une vidéo qu’il était homosexuel, avant d’être libéré le 28 mars et de quitter la Tchétchénie.

Son avocat Vladimir Smirnov a précisé qu’il avait pris en photo les bleus de son client après sa libération, que celui-ci était en mesure de reconnaître le commissariat où il avait été retenu et qu’il connaissait les noms ou surnoms d’environ une douzaine de policiers impliqués.

« La seule chose que je souhaite maintenant, c’est que justice soit faite », a déclaré Maxime Lapounov, révélant qu’il avait porté plainte en août.

Vendredi, la déléguée russe pour les droits de l’Homme, Tatiana Moskalkova, a annoncé avoir reçu la première plainte – celle de Maxime Lapounov – et l’avoir remise au Comité d’enquête russe, chargé des principales investigations dans le pays.

D’après les défenseurs des droits de l’homme : les enquêteurs restent inactifs dans l’affaire Lapounov

(Le Noeud Caucasien du 16/10/17)

Pendant quatre semaines, il n’y a eu aucune activité d’enquête après la déposition de Maxime Lapounov, un homosexuel emprisonné en Tchétchénie, d’après Igor Kalyapine, dirigeant du Comité pour la Prévention de la Torture (CPT). Les informations concernant l’affaire Lapounov ont été publiées pour provoquer une enquête, d’après la représentante de Human Rights Watch (HRW), Tatiana Lokshina.

Le Noeud Caucasien a relaté aujourd’hui que Maxime Lapounov a fait sa première apparition publique. Sa conférence de presse était organisée par Novaïa Gazeta, le siège moscovite de HRW, le CPT et le réseau LGBT.

Lapounov a déclaré : « pendant 12 jours j’ai été en cellule sans commodités près d’une flaque de sang, menacé et insulté… Ils m’ont frappé sur les mains et les pieds… Chaque nuit ils amenaient un nouvel accusé et j’entendais les cris et les demandes de grâce. Ils m’ont forcé par des menaces à laisser mes empreintes sur des armes à feu et ont enregistré une vidéo expliquant que j’étais détenu parce que j’étais gay ».

Avant sa détention pendant deux ans, Lapounov s’occupait d’organiser des évènements et des spectacles en Tchétchénie.

D’après Lapounov « beaucoup de gens me connaissaient, et comme j’étais détenu dans un endroit plein de monde, les gens ont averti mes proches, qui ont porté plainte pour kidnapping. J’ai été relâché sans doute parce qu’ils me cherchaient bien que j’ai eu l’impression qu’ils allaient me tuer ».

Igor Kalyapine, à la tête du CPT, a noté qu’en août dernier, Lapounov en avait appelé personnellement à la déléguée russe pour les droits de l’Homme, Tatiana Moskalkova.

 

En Russie des défenseurs des droits de l’homme continuent à défendre le caractère universel des libertés fondamentales.

(D’après un article du Nœud Caucasien)

Selon des défenseurs des droits de l’homme; des habitants de Tchétchénie, arrêtés pour porter la barbe, n’ont pas font appel à leur aide. Selon Olg Orlov, membre du bureau du Centre des Droits de l’Homme Memorial et Tatania Lokshina, dirigeante de Human Rights Watch à Moscou, de telles rafles sont hors la loi en tant qu’elles violent le droit des hommes à la liberté de religion. D’après une source du Ministère de l’Intérieur tchétchène toutes les personnes arrêtées à titre préventif ont été relâchées.

Le Nœud Caucasien a relaté que le 2 novembre et pendant la semaine passée des habitants de Grozny et d’autres gros villages de Tchétchénie ont signalé la détention de jeunes gens portant la barbe et sans moustache. Selon des témoins, les forces de l’ordre ont arrêté des jeunes gens dans les rues, ou en ont sorti des bus et des taxis.

D’après Oleg Orlov, ce n’est pas la première fois que de tels actions appelées mesures préventives en Tchétchénie ont été mises en œuvre ; quoi qu’il en soit les personnes arrêtées n’ont pas appelé à l’aide les défenseurs des droits de l’homme.

Oleg Orlov note qu’en Tchétchénie il est impossible de faire ouvertement profession d’un « concept non traditionnel de l’Islam », depuis que les autorités tchétchènes ont répété sans cesse que les Wahhabites devraient être éliminés sans jugement.

Tatiana Lakshina assimile cette situation à « une chasse aux Wahhabites menée en Tchétchénie ».

A l’heure actuelle Oleg Orlov comme Tatiana Lokshina sont l’objet de tentatives d’obstruction de la part du pouvoir russe. Leur organisations considérées comme traitres potentiels (« agents de l’étranger ») ont de plus en plus de mal à fonctionner. Le cas de la Tchétchénie est particulier en ce sens que le pouvoir de Kadyrov émet des prescriptions de type religieux de manière illégale en regard de la constitution russe, utilise la religion pour asseoir son pouvoir tout en combattant un courant de l’islam de manière sauvage.