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Les régions musulmanes de Russie sont le théâtre d’un regain de tensions

Article de Marie Jégo dans le Monde du 30.08.12

Un chef religieux et six autres personnes ont été tués, mardi 28 août au Daghestan, république musulmane des bords de la mer Caspienne (sud de la Russie). Alors que le leader religieux recevait des fidèles chez lui dans le village de Chirkeï (région de Bouïnaksk), une femme, porteuse d’une ceinture d’explosifs, a déclenché sa charge après s’être introduite auprès du groupe. Sept personnes sont mortes : cinq fidèles, le chef spirituel et la femme kamikaze.

Saïd Afandi Atsaev, 75 ans, était un des piliers de la confrérie soufie des Naqshbandi. Très respecté, le « cheikh » défendait la pratique d’un islam modéré. Il avait toujours appelé à coopérer avec les autorités russes face à la montée de l’islam radical (salafisme, wahhabisme) dans la région. Au Daghestan, le pouvoir des cheikhs est immense, et leurs conseils sont recherchés, non seulement en matière de religion mais aussi sur des questions familiales, d’éducation et de santé.

Peuplée en majorité de musulmans, la région du nord du Caucase est laminée par une guerre entre les forces russes et une insurrection cherchant à instaurer un Etat islamique dans la région. Malgré l’envoi de soldats en nombre toujours plus grand, malgré la répression impitoyable exercée contre les civils, Moscou ne parvient toujours pas à juguler la rébellion.

Le 19 août, jour de la fin du ramadan, sept policiers ont péri dans un attentat suicide en Ingouchie, une région voisine du Daghestan. L’attentat a été attribué par les autorités locales au chef rebelle Dokou Oumarov, insaisissable barbu disposant d’un réservoir de jeunes kamikazes. L’homme avait revendiqué l’attentat de l’aéroport Moscou-Domodedovo en janvier 2011 (36 morts), se faisant filmer avant le drame en compagnie du jeune kamikaze.

Mardi 28 août, toujours au Daghestan, un jeune appelé russe a ouvert le feu sur sept de ses collègues militaires avant d’être lui-même tué. A première vue, les deux incidents ne sont pas reliés. Le coup de sang du jeune appelé pourrait s’expliquer par les conditions épouvantables faites aux conscrits dans les casernes. Le FSB local n’exclut pas que le jeune homme ait pu être recruté par les islamistes radicaux. […]