Archives de tags | éducation

Caucase du Nord 2012 : Où en est-on ?

La guerre entre Tchétchènes et Russes est devenue un conflit intérieur tchétchène qui a essaimé dans une grande partie du Caucase du Nord et en particulier au Daghestan. Kadyrov, dirigeant mégalomane, joue à la fois de l’identité tchétchène et de sa proximité avec Poutine : il instrumentalise la religion musulmane en créant une situation hors du droit russe pour la population tchétchène et en particulier les femmes. En même temps il prétend à une normalité dans son pays (une Grozny de rêve rebâtie, une équipe de foot très subventionnée…)  et attache un grand prix au retour des réfugiés. Dès lors un Tchétchène qui ne se reconnaît ni dans la rébellion islamiste ni dans la politique de Kadyrov ne peut envisager de solution tant que Poutine est au pouvoir et pour des raisons historiques ne peut se rapprocher des mouvements d’opposition libérale avec des tendances nationalistes. Sur les effets de la guerre et des violences actuelles voici un témoignage à travers une action du Secours Catholique.

L’éducation et la culture au secours des enfants  victimes des conflits.

Le programme de développement pour les enfants des Républiques de Tchétchénie, du Daghestan, d’Ossétie du Nord et d’Ingouchie, souffrant des conséquences des conflits dans la région, est cofinancé par l’Union européenne. Il a débuté le 1er octobre 2010 et s’achèvera le 30 septembre 2012.

Le Caucase du Nord, au sud de la Russie, est particulièrement troublé depuis des décennies et souffre encore beaucoup des conséquences des guerres de Tchétchénie, même si la situation est « normalisée » selon les autorités. Si la Tchétchénie a retenu l’attention de la communauté internationale et des médias, il ne faut pas oublier ses voisines, les Républiques du Daghestan, d’Ossétie du Nord et d’Ingouchie, qui ont aussi subi les conséquences de ces conflits. Les droits de l’homme y sont peu respectés, dont les droits de l’enfant, et une attention particulière doit être portée au droit à l’éducation.

Beaucoup de jeunes, qui n’ont pas bénéficié d’une scolarité normale pendant le conflit à cause de la disparition des infrastructures et de la désorganisation de la région, sont partiellement voire complètement analphabètes : ils ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. Ce problème a une acuité particulière dans les zones montagneuses et isolées, un des principaux théâtres des opérations militaires. Comme l’éducation, y compris l’éducation au dialogue et à la tolérance, est un élément clé de la construction de la paix et de la prévention des conflits, il apparaît indispensable de promouvoir les droits des enfants vivant en situation post-conflit et souffrant encore de leurs conséquences, et en particulier leur droit à l’éducation.

La nouvelle génération est née dans un contexte violent, pendant la guerre ou pendant la situation instable qui y a fait suite. Les meurtres et autres actes violents constituaient alors la norme et sont encore courants de nos jours. L’insuffisante prise en charge psychologique des jeunes, mais aussi des adultes qui les entourent, a conduit au développement de traumatismes liés aux conflits et à des troubles comportementaux qui entravent leur intégration sociale.

Pourtant, la Russie a ratifié en 1990 la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant de 1989 et l’ex Président russe Dmitri Medvedev a signé un décret portant obligation pour toutes les régions de Russie de nommer un Défenseur des droits de l’enfant.

L’éducation est donc le premier pas indispensable de l’insertion économique et sociale. Il s’agit également d’un facteur important de stabilité. Le Secours Catholique et ses partenaires souhaitent accroître les chances de la nouvelle génération du Caucase du Nord de s’intégrer socialement et économiquement grâce à l’amélioration de leur éducation, à la prise en compte des traumatismes liés à la guerre et à la promotion des droits de l’enfant. Ce projet ambitieux a été rendu possible grâce à un financement de deux ans de l’Union européenne, octroyé dans le cadre du Programme de partenariatet derenforcement desinstitutions (IBPP) : Soutien à la société civile et aux initiatives locales.

Ce projet est porté par le Secours Catholique et 5 associations partenaires, situées en France et en Russie. Comité d’assistance civique (Moscou), La Fondation FOCUS-MEDIA, L’association Sintem (Grozny), L’association Sozidanie (Gudermes, Tchétchénie), l’Association Primo Lévi.