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Le journal « Petersburgskaya Gazeta » présente ses excuses à propos d’un article sur la déportation des Ingouches.

Nous nous souvenons qu’en Tchétchénie il est maintenant interdit de commémorer la date de la déportation et Ruslan Kutaev est en prison depuis 2014 pour l’avoir évoquée. Nous voyons dans cet article qu’une tentative de révision de l’histoire peut toucher aussi l’Ingouchie par le biais de la remise en cause du caractère criminel de la déportation des Ingouches par un média de Saint Pétersbourg.

Après la protestation du Ministère des nationalités d’Ingouchie, le comité éditorial de Petersburgskaya Gazeta s’est excusé d’avoir publié une interview de Serguey Plotnikov, directeur de la Holding Media « News Pool » intitulé « les Ingouches devraient remercier Staline pour la déportation et lui ériger des monuments » dans laquelle la déportation des Ingouches et des Tchétchènes était qualifiée de « douce punition ».

Le Noeud Caucasien rappelle que le 5 mai, Ulan Evloev, Ministre aux questions de nationalité a exhorté le bureau du procureur général de Russie à réagir à l’interview publiée le 3 mai.

« L’équipe éditoriale du Petersburgskaya Gazeta et la direction du LLC « News Pool » transmettent leurs plus plates excuses au peuple Ingouche et au gouvernement d’Ingouchie pour ce qui est dit de la déportation par Staline et qui a porté atteinte à l’honneur des vétérans ingouches de la seconde guerre mondiale. »

D’après le bureau éditorial : « le journal Petersburgskaya Gazeta pointe les inexactitudes de cet article. « En particulier il oublie de mentionner le fait qu’il y avait des soldats, parmi les personnes réprimées, sur le front qui ont héroïquement combattu dans l’Armée Rouge contre les envahisseurs hitlériens, « .

Selon l’un des co-propriétaires du journal, Plotnikov a reçu un blâme et son interview a été retirée du site web.

Article du Noeud Caucasien du 17 mai 2017

 

Une tragédie planifiée

 (d’après Nouvelles de Tchétchénie de février 2013)

La déportation totale des Tchétchènes et des Ingouches hors de la terre de leurs ancêtres, le 23 février 1944:

Le 17 février 1944, le camarade Béria communiquait à Staline que les préparatifs de l’opération “Tchétchévitsa” (“Lentille”) d’expulsion des populations tchétchènes et ingouches étaient achevés. Il s’agissait d’évacuer 300 000 civils en 8 jours. Les 150 000 restants, habitant les zones montagneuses, le seraient les 4 jours suivants. Dans l’impossibilité d’accomplir cet ordre pour certains villages isolés par la neige, Béria ordonna de raser ceux-ci après avoir massacré leurs habitants. 700 civils furent brûlés vifs à Khaïbakh, entre autres horreurs. A l’automne 1944, Staline fit arrêter les 17 500 Tchétchènes-Ingouches qui combattaient au front. Sous le prétexte de la collaboration avec les Nazis des Tchétchènes et des Ingouches! A l’issue de cette déportation, selon les chiffres du NKVD de l’URSS, quelques 145 000 exilés moururent, en route ou dans les camps d’Asie centrale. Le tiers de toute la population…

Cet événement épouvantable qui n’a épargné aucun tchétchène n’est presque pas évoqué dans les médias. Cependant 68 ans après, ça et là, de petits groupes de personnes concernées tiennent à commémorer cet événement dramatique. A Albi, le Comité Tchétchénie défend les réfugiés tchétchènes venus demander le droit d’asile en France et régulièrement menacés d’expulsion. Ils ont décidé de commémorer la déportation le 23 février dernier tout en dénonçant la situation actuelle.

Albi, «Il faut régulariser les Tchétchènes».

(Un article de Alain-Marc Delbouys, la Dépèche du midi publié le 23/02/2013)

«Une chaîne de solidarité tarnaise réunit 1 200 € chaque mois pour assurer la subsistance de ces quatre familles, mais cela a assez duré.» Le collectif tarnais de soutien aux Tchétchènes espère qu’avec le nouveau gouvernement et la nouvelle préfète, Josiane Chevalier, le changement, ça va être maintenant. Ses militants le rediront lors d’un rassemblement, ce samedi à 15 heures, place du Vigan. Ils demandent la régularisation de 21 Tchétchènes, demandeurs d’asile, qui ont épuisé en vain tous leurs recours, mais dont le souhait de rester en France est justifié selon leurs amis tarnais. Même si Depardieu n’y voit que du feu, la vie sous la férule du dictateur Ramzam Kadyrov n’est pas redevenue normale : «Il y a des exactions (enlèvements, tortures, meurtres). On ne peut renvoyer là-bas ces Tchétchènes qui seraient menacés», plaident Guy David et Antoinette Gomez-Casagrande, deux porte-paroles. Place du Vigan, on commémorera la déportation des Tchétchènes en 1944, peuple déjà martyrisé sous Staline et on entendra de la musique tchétchène, en espérant que ces airs portent jusqu’à la préfecture.