Zhalaudi Geriev: de l’enlèvement à la libération.

Nous sommes heureux de savoir que Zhalaudi Geriev est libre. Ce journaliste a été condamné comme Oyub Titiev après fabrication de preuves par les mêmes organes du pouvoir de Tchétchénie. Il est donc clair que dans les deux cas étaient visées des personnes qui pouvaient porter un regard critique sur les actions du régime. Dans les deux cas également la forte mobilisation de différentes associations et de l’opinion publique n’a malheureusement pas écourté leurs peines.

Le 5 septembre 2016, le journaliste tchétchène Zhalaudi Geriev, qui travaillait pour le «Caucasian Knot», a été condamné à trois ans d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire pour possession de drogue.

Avant son arrestation, le 16 avril 2016, Geriev avait été kidnappé par des hommes armés alors qu’il se rendait à l’aéroport après avoir déjà acheté un billet d’avion et s’être enregistré en ligne. Après l’enlèvement, les forces de l’ordre ont confisqué ses téléphones et son sac à dos, qui auraient contenu de la drogue. Les hommes armés ont ensuite emmené le journaliste dans la forêt et l’ont interrogé, lui ont attaché les mains et lui ont mis un sac en plastique sur la tête. Geriev a été accusé de mener des activités contre les autorités tchétchènes; il a été interrogé sur son travail journalistique et contraint d’avouer sa possession de marijuana.

Lors du procès, Zhalaudi Geriev est revenu sur ses aveux lors de l’enquête préliminaire, affirmant qu’ils avaient été faits sous la contrainte. L’avocat de Geriev, Alaudi Musaev, a affirmé que la preuve clé de l’affaire – un paquet contenant prétendument de la drogue – avait été fabriquée. Il a été révélé que le colis envoyé pour examen médico-légal n’était pas le même que celui qui avait été confisqué au départ. Le 23 novembre, la Cour suprême de Tchétchénie a décidé de transmettre aux autorités chargées de l’enquête la plainte de Geriev concernant son enlèvement.

Le 28 décembre 2016, la Cour suprême de Tchétchénie a confirmé le verdict rendu contre Zhalaudi Geriev. Le Présidium de la Cour suprême de Tchétchénie a exclu la condamnation du journaliste pour acquisition illégale de drogue à grande échelle, mais a néanmoins maintenu le verdict de culpabilité.

En juin 2017, la défense de Zhalaudi Geriev a déposé une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. En juillet, la Cour suprême de Russie a refusé d’examiner les recours en cassation contre le verdict. Le 10 octobre, la défense a contesté ce refus.

Le 1er décembre 2017, la Cour suprême de Russie a refusé de renvoyer en cassation la plainte de Zhalaudi Geriev contre le verdict qui l’impliquait dans un trafic de drogue.

Le Centre des droits de l’homme « Mémorial » a reconnu Geriev comme prisonnier politique. Plus d’une douzaine d’organisations internationales de défense des droits de l’homme ont fait des déclarations de soutien. La pétition en ligne en faveur du journaliste a recueilli plus de 24 000 signatures.

Le « Nœud Caucasien » pense que l’affaire pénale contre Zhalaudi Geriev est fabriquée, alors que les accusations de consommation de drogue sont totalement dénuées de fondement. L’absence de preuve directe de la faute de Geriev et les pressions qui ont été exercées au cours de l’enquête donnent à penser que les poursuites pénales contre le correspondant du «Caucasian Knot» sont motivées par ses activités professionnelles.

Le 18 septembre 2018, le tribunal du district de Naursky a décidé de relâcher Zhalaudi Geriev en liberté conditionnelle. Cependant, le 28 septembre, le procureur adjoint de la République, Maxim Dushin, a fait appel de cette décision. Le 8 novembre, la Cour suprême de Tchétchénie a annulé la décision concernant Geriev. Selon l’avocat Alaudi Musaev, l’annulation de la décision n’était pas motivée par les arguments de Dushin, mais par une erreur de procédure.

Le 22 mars 2019, peu de temps avant sa libération, Zhelaudi Geriev a été placé pendant 15 jours en cellule disciplinaire. L’administration de la colonie de Chernokozovo, où le journaliste a purgé sa peine, a estimé qu’il avait violé le régime en refusant de quitter la cellule pour des raisons de santé lorsque les officiers de la FSIN (Service Fédéral des Peines) s’y sont rendus.

Le 30 avril 2019, Zhalaudi Geriev a été libéré après avoir purgé une peine de trois ans d’emprisonnement.

L’analyse du cas de Zhalaudi Geriev a servi de fondement au chapitre sur les violations des droits des journalistes dans le rapport « Restrictions sévères de la liberté de parole et d’expression en 2012-2018 », présenté par l’Association PEN Moscou – Free Word.

Source: https://www.eng.kavkaz-uzel.eu/articles/37713/© noeud caucasien 16/05/2019

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