Archive | mars 2017

Qui défendra les villageois de Davydenko contre l’arbitraire de la police?

Des villageois tchétchènes cherchent la protection de Kadyrov contre des agents des forces de l’ordre hors la loi. (Le Nœud Caucasien le 27/03/2017)

Un appel au dirigeant de la Tchétchénie, après les incidents au village de Davydenko au cours desquels des agents des forces de l’ordre ont battu et emprisonné les villageois qui tentaient de protéger leurs maisons de la démolition, a été lancé par WhatsApp dans l’espoir d’informer Kadyrov.

Le 26 mars dans le village de Davydenko du district d’Achkhoi-Martan, un conflit a éclaté entre des habitants et des agents des forces de l’ordre. Selon les villageois, les employés de l’administration réclamaient 75 000 roubles aux locataires de plusieurs maisons; et quand ils ont refusé de payer ils ont fait venir des engins de chantier accompagnés de policiers. Il y eu une échauffourée durant laquelle les agents des forces de l’ordre ont tabassé les locataires et en ont emprisonné trois.

Les auteurs de l’appel à Ramzan Kadyrov ont qualifié l’incident au village de grave désordre. D’après leur message, au cours du conflit les agents des forces de l’ordre ont ouvert le feu blessant une personne.

Ils ont écrit : « Des gens en uniforme de policier ont traité durement les villageois; ils ont tabassé non seulement les hommes mais aussi les femmes, ont menacé de tuer ceux qui se retournaient contre eux; parlant vulgairement, confisquant les téléphones de ceux qui tentaient de filmer et emprisonné plusieurs personnes qui sont toujours détenues. Une femme a été transportée à l’hôpital; ils l’ont piétinée et elle a reçu une balle simplement parce qu’elle essayait de protéger les gens. »

Ils étaient certains que Kadyrov n’avait absolument pas conscience de ce qui était arrivé et ils le pressaient « d’aider à mettre un terme à cette iniquité ».

Le 27 les autorités ont appelé à un rassemblement au cours duquel des dirigeants avec à leur tête Magomed Daudov, porte-parole du parlement tchétchène ont annoncé que les personnes emprisonnées allaient être poursuivies alors que les villageois espéraient un appel au calme.

D’après un villageois : « Nous avons écrit un appel à Ramzan Kadyrov. Nous espérions que les autorités prêteraient attention à notre problème. Cependant, au contraire, nous avons été traité comme des coupables et ils menacent de condamner les détenus. »

Igor Kalyapin demande à Ramzan Kadyrov d’intervenir dans le conflit au village de Davydenko. (Le Nœud Caucasien le 28/03/2017)

Igor Kalyapin, le dirigeant du Comité pour la Prévention de la Torture, s’est adressé par Facebook au dirigeant cthétcvhène Ramzan Kadyrov en lui demandant de considérer la situation dans le village d eDavunenko où des habitants relatent la dispersion brutale d’un rassemblement de villageois.

Sur sa page Facebook Igor Kalyapin a publié une vidéo sur la rassemblement tenu dans le village de Davydenko le 26 mars.

La vidéo postée sur Youtube saisit le moment où des femmes s’expriment avec émotion en tchétchène.

Il écrit :  » Cher monsieur Kadyrov, cher Ramzan Akhmatovich. Pourriez-vous examiner la situation par vous-mêmes? Ou devrais-je faire appel à nouveau aux services du procureur général ? J’espère que vos fonctionnaires et procureur ont une connaissance suffisante de la langue tchétchène et n’ont pas besoin d’interprète? Sinon, je peux interpréter les propos, cela ne présente pas de difficultés pour moi. »

 

Le difficile chemin de la vérité: 14 ans après le bureau du procureur relie l’assaut du « Nord-Ost » à la mort des otages.

Le 23 octobre 2002 durant la comédie musicale Nord-Ost qui avait lieu au Théâtre Dubrovka, des activistes ont pris en otage 916 spectateurs. Trois jours plus tard au cours d’une opération spéciale pour libérer les otages 130 personnes sont mortes et plus de 700 autres ont été blessés.

Le 9 mars au tribunal militaire du district de Moscou se tenait le procès de Khassan Zakaev  accusé de complicité dans l’attentat du Théâtre Dubrovka en 2002.

Le Noeud Caucasien a rappelé qu’en décembre 2014 l’enquête criminelle sur l’acte terroriste commis pendant la représentation de la comédie musicale Nord-Ost a été rouverte après la capture du Tchétchène Khasan Zakaaev accusé d’avoir aidé les preneurs d’otages du théâtre. Kasan Zakaev avait été accusé d’être complice des preneurs d’otages du théâtre Dubrovka en 2002. Le 22 novembre 2016 l’avocate des victimes, Karinna Moskalenka, a annoncé son intention de se porter partie civile contre Zakaev.

Au cours de l’audience de ce jour le procureur a dit clairement son exigence d’un châtiment exemplaire et toutes ses déclarations ont été suivi avec attention par les représentants des victimes. En particulier le procureur a déclaré que « s’il n’y avait pas eu d’opération spéciale il n’y aurait pas eu de victimes par manque de prudence et par négligence. »

Quelques remous dans l’assistance, le public murmure, attirant l’attention sur ce fait que le représentant des autorités officielles russes avait admis pour la première fois la présence de « victimes par négligence durant l’opération spéciale au Dubrovka ».

L’avocate Maria Kurakina a commenté la déclaration du procureur devant notre correspondant : « pour la première fois la Russie reconnait la présence de victimes par négligence durant l’opération spéciale; c’est une véritable avancée dans le regard que l’on porte sur cet acte terroriste. »

Le Noeud Caucasien, le 9 mars 2017

Human Rights Watch (HRW) reproche aux autorités polonaises d’ignorer les droits des réfugiés tchétchènes.

Les autorités polonaise refusent d’accorder l’asile aux Tchétchènes et donc leur font courir des risques d’après un rapport  de HWR.

Les défenseurs  des droits en Pologne et au Belarus remarquent qu’en 2016 le nombre de personnes qui ont dû repartir à cause des refus des autorités polonaises a crû significativement et cela continue en 2017, d’après le rapport publié sur le site de HRW ce 1er mars.

Le site web cite Lydia Gall, une chercheuse du HRW pour les Balkans et l’Europe de l’Est : « la Pologne met les gens en danger en leur refusant l’accès à la procédure de demande d’asile et en les renvoyant vers le Belarus où ils ne peuvent bénéficier d’une protection. »

HRW a interrogé plusieurs dizaines de Tchétchènes, qui ont demandé le statut de réfugié mais à qui on a refusé l’entrée en Pologne. Au moins une dizaine d’entre eux ont raconté que des gardes frontières les ont maltraités et les ont humiliés.  Ils ont aussi dit que les autorités compétentes ne respectaient pas la confidentialité alors que les entretiens en public peuvent menacer leur sécurité.

HRW a interrogé le Ministre de l’Intérieur polonais sur la situation des réfugiés tchétchènes et a reçu une réponse écrite qui précise, en se basant sur les gardes frontière, que la majorité des demandeurs d’asile sont des « migrants économiques ». Cependant, toutes les personnes interrogées par HRW ont soutenu avoir été harcelées par les autorités tchétchènes en Tchétchénie et torturées dans les postes de police.

Svetlana Gannushkina, présidente de l’organisation « assistance civile », déclare : « Nous, les militants et les journalistes des droits humains écrivons souvent et parlons de ce qui se passe en Tchétchénie, pourquoi les gens la quittent. Les Polonais ne peuvent pas ignorer ces histoires sans fin de détentions, de torture, de personnes qui sont accusées faussement de détention de drogue. Outre le terrorisme, il y a aussi un régime totalitaire qui écrase, soumet une personne dans toutes les sphères de la vie – y compris dans les relations familiales ».

Selon elle, parmi les habitants de la Tchétchénie qui cherchent à quitter la Russie, il est peu probable que ce soit pour des raisons économiques, parce que « les Tchétchènes  sont des gens attachés à la terre et qui ne la quitteraient pas pour de l’argent. »

(Le Nœud Caucasien, 03 mars 2017)