Archive | février 2017

Après 4 tentatives, Geriev obtient qu’on examine sa requête concernant son enlèvement.

Nous avions alerté sur le sort de Zhalaudi Geriev, ce journaliste du Nœud Caucasien que l’on a impliqué dans une affaire fabriquée d’une manière violente pour très clairement gêner son travail d’enquête en Tchétchénie. Cette attaque ad hominen de la liberté d’expression avait ému le Conseil de l’Europe et différentes ONG comme, en particulier, Reporters sans Frontières.

Aujourd’hui le Département d’enquête (DE) pour la Tchétchène du Comité d’Enquête de la Fédération de Russie (CEFR) est revenu sur son refus initial d’ouvrir une enquête criminelle contre les policiers qui ont enlevé Zhalaudi Geriev, d’après le correspondant du Noeud Caucasien.

Le 28 décembre 2016 la Cour Suprême Tchétchène a confirmé le verdict concernant Zhalaudi Geriev, qui, le 5 septembre 2016 avait été condamné par la Cour du district de Shali à trois ans d’emprisonnement pour possession de marijuana. Le Nœud Caucasien, a relaté que le 26 décembre l’investigateur Bakaev a refusé d’ouvrir une enquête criminelle contre les agents de terrain qui d’après la défense de Zhalaudi Geriev l’avaient enlevé et avaient dissimulé de la drogue sur lui. Le 11 janvier, le DE du CEFR a refusé d’ouvrir une enquête criminelle et a ordonné un nouvel examen de la procédure.

Après la période légale de 10 jours pour une enquête préliminaire les enquêteurs ont refusé d’ouvrir une enquête pour la quatrième fois mais aujourd’hui le refus a été annulé d’après Alaudi Musaev le correspondant du Nœud Caucasien :  » Aujourd’hui l’enquête préliminaire a été reprise et ils vont examiner les déclarations de Zhalaudi Geriev sur son enlèvement, ses menaces de mort, sur la dissimulation de drogue et le vol. »

(Le Noeud Caucasien 15/02/2017)

L’image des Tchétchènes transmise par les médias autrichiens

Nous publions deux articles du Nœud Caucasien car ils rendent compte des questions d’intégration des Tchétchènes en Autriche avec les problèmes et les succès et le ressenti de certains secteurs de la population par rapport à la présence de nombreux réfugiés parmi eux, exploité par des partis nationalistes.

Deux Tchétchènes détenus en Autriche risquent l’expulsion.

(Nœud Caucasien, 8/02/17)

Les 22 ressortissants tchétchènes détenus en Autriche avaient demandé le statut de réfugié. Deux d’entre eux, en état d’arrestation, se sont vu refuser le statut et donc risquent l’expulsion. En Autriche beaucoup de réfugiés tchétchènes ont raté leur intégration dans la société et l’apparition de leurs noms dans les faits divers intéressent beaucoup les médias locaux.

Le Nœud Caucasien a signalé que le 3 février 22 ressortissants tchétchènes étaient détenus à Vienne. Selon les médias locaux les détenus ont été repérés comme impliqués dans des activités terroristes. 20 d’entre eux ont été libérés avec l’engagement de rester à la disposition de la justice alors que deux d’entre eux restaient en détention.

Après le meurtre d’Israilov la diaspora tchétchène est longtemps restée sous le regard attentif des médias et tout cas d’implication de Tchétchènes dans des délits relatés acquérait le statut de nouvelle nationale, accompagnée de commentaires négatifs d’après le journal Novaya Gazeta.

Selon ce journal, il y a à peu près 30 000 Tchétchènes en Autriche et environ la moitié des migrants tchétchènes reçoivent une allocation de 900 à 1250 euros par personne. Environ 5000 personnes sont enregistrées sur la marché de l’emploi comme demandeurs.

Il y a deux ou trois ans il y a eu des groupes de jeunes Tchétchènes dans Vienne qui commettaient des vols plus ou moins graves d’après Novaya Gazeta.

Pour les services de police autrichiens des problèmes plus importants sont apparus avec des recruteurs et des volontaires désireux d’aller combattre en Irak et en Syrie aux côtés de l’Etat Islamique, ce qui est  proscrit en Russie.

Utilisation à des fins politiques de la mise en cause de Tchétchènes dans des affaires délictueuses en Autriche.

(Nœud Caucasien, 9/02/17)

Herweg Heller, un journaliste autrichien a relaté que l’émotion créée par l’arrestation de Tchétchènes à Vienne a été utilisée par des nationalistes autrichiens et le Ministère de l’Intérieur autrichien qui a déclaré que les « réfugiés ont abusé de l’hospitalité ».

Depuis le 9 février un seul détenu est encore retenu, d’après Khusein Iskhanov, le président du centre « Ichkérie » à Vienne. D’après le détenu, celui-ci a participé à la première guerre de Tchétchénie.

Iskhanov a dit que les Tchétchènes ont été arrêtés après qu’ils se sont réunis pour « régler un différend ». Il précise qu’en Autriche les immigrants tchétchènes sont sujets à beaucoup de préjugés.

D’après Iskhanov, « par exemple très peu de Tchétchènes sont partis en Syrie à partir de l’Autriche mais d’après la propagande les Tchétchènes sont des terroristes ».

« Quoi qu’il en soit on oublie les milliers de Tchétchènes diplômés dans les universités autrichiennes devenus avocats, médecins, analystes politiques et intégrés dans la société autrichienne », se plaint Iskhanov.

Le scandale autour de la diaspora tchétchène est monté en épingle par le « Parti Autrichien de la Liberté » comme le montrent les déclarations de ses membres.

Heinz-Christian Strache, le président de ce parti déclare que « plusieurs demandeurs d’asile sont des criminels », selon le journal autrichien « Heute ».

Le centre des droits de l’homme Memorial signale des contrôles des ONG en Tchétchénie

La Tchétchénie, après la Russie, cherche à atteindre l’organisation Memorial. En imitant Moscou, Grozny ne fait pas preuve d’originalité, elle cherche à atteindre, en faisant appel à la crainte de l’étranger, une association qui a joué un rôle important, souvent seule dans la Tchétchénie de la guerre. Rappelons que c’est une responsable de Memorial, Natalya Estemirova qui a été assassinée en juillet 2009,  après des menaces proférées par Ramzan Kadyrov. Après ce meurtre, les activités de Memorial se sont arrêtées en Tchétchénie pendant quelques temps et on devine que ces menaces actuelles visent à nouveau à empêcher toute défense de Tchétchènes qui pourraient être victimes de l’arbitraire.

Article du Noeud Caucasien du 2/02/17 :

En Tchétchénie, des fonctionnaires contrôlent les ONG qui reçoivent des fonds de l’étranger. Leurs employés sont accusés de « participation à des activités subversives » d’après le Centre des Droits de l’Homme Memorial.

Ces contrôles ont commencé fin janvier 2017.

D’après Memorial les contrôles sont menés par des employés du Département pour la Sécurité de l’Economie et des mesures anti corruption du Ministère des Affaires Internes (MAI) de la République, du Centre de Combat contre l’Extrémisme dépendant du même ministère, de l’antenne locale du FSB, aussi bien que par des employés du Département dépendant du MAI pour le district fédéral du Nord Caucase.

Egalement d’après Memorial : »Avant tout les contrôles s’intéressent aux ONG qui reçoivent des fonds de l’étranger. Les militants et les employés de ces ONG sont interrogés et mis en cause pour leur implication dans des activités subversives, pour agir comme des agents de l’étranger mais en appellent au ministre de la justice demandant à ne pas être inscrit sur le ‘Registre des ONG qui remplissent des fonctions d’agents de l’étranger’. »