Menaces contre le rédacteur en chef du Noeud Caucasien, Grigory Shvedov.

 

Nous vous avons fait part déjà de la condamnation inique de Zhalaudi Geriev, journaliste du Noeud Caucasien. Les menaces que nous relatons aujourd’hui sont émises vis à vis du rédacteur en chef d’une revue qui fait un remarquable travail qui est une des rares sources d’informations détaillées que nous ayons sur l’actualité de la Tchétchénie comme du reste du Caucase. Ces menaces, outre leur caractère injurieux, ne sont pas à prendre à la légère, on se souvient que l’assassinat de Natalya Estemirova, en juillet 2009, avait été précédé de menaces directes de la part du dirigeant Ramzan Kadyrov. Pour autant la justice russe n’a toujours pas trouvé trace des assassins. Le but de ces tentatives de mise au pas des journalistes c’est bien sûr que plus rien ne soit su du fonctionnement d’un pays qui bafoue ses propres lois.

Le 4 janvier 2017, le Porte-parole du Parlement de Tchétchénie, Magomed Daudov, a publié un post sur Instagram, incitant à recourir à la violence contre «Shved», une référence claire à Grigory Shvedov, rédacteur en chef du Caucasian Knot, un site d’information russe indépendant qui traite des violations des droits de l’homme et des manquements à l’Etat de droit survenant dans le Caucase et le Sud de la Russie.

Le post, intitulé «Comment dénouer le nœud caucasien», est accompagné de la photo d’un chien qui bave et fait appelle à «un vétérinaire pour arracher les dents de sagesse [à Shved] et raccourcir sa langue». Shvedov est qualifié de lâche et est, à plusieurs reprises, comparé à un chien.

Dans une interview accordée au quotidien russe Kommersant, M. Shvedov a déclaré qu’il considérait la menace comme une «réaction à notre travail en général» plutôt qu’ une réponse à un article ou à une enquête spécifique. Les avocats du Caucasian Knot prévoient maintenant de déposer une plainte officielle auprès du Comité d’enquête pour obstruction au journalisme (article 144 du Code pénal).

Conseil de l’Europe 10 janvier 2017

Pour préciser le contexte :

Le 9 janvier 2017 Gregory Shvedov a déposé plainte contre les actes de Magomed Daudov devant le Comité d’enquête de la Fédération de Russie selon l’article 144 sur l’entrave au travail légitime des journalistes car il considère les déclarations publiques de Magomed Daudov comme une atteinte directe non seulement contre lui mais contre l’ensemble des journalistes de la région du Caucase.

Rendre compte de ce qui se passe en Tchétchénie actuellement est devenu de plus en plus dangereux pour les journalistes et les défenseurs des doits de l’homme. En septembre 2016 un défenseur des droits et journaliste indépendant M. Zhalaudi Geriev, qui travaille aussi pour le Noeud Caucasien, a été inculpé et condamné à trois ans de prison sous de fausses accusations de possession de drogue. En novembre 2016 le défenseur des droits Ramzan Dzhalaldinov a reçu des menaces de mort et sa famille a été l’objet de représailles de la part de fonctionnaires haut placés à la suite de sa révélation de faits de corruption en Tchétchénie. Mme Elena Milashina, une défenseure des droits et une journaliste, a aussi reçu de nombreuses menaces pour avoir couvert l’histoire de Ramzan Dzhalaldinov.

Frontline Defenders (9 janvier 2017)

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