Le Centre pour les droits humains « Memorial » traité comme ennemi de l’État

Par Heather McGill, chercheuse chargée de l’Europe et de l’Asie centrale pour Amnesty International (13/11/15)

Il y a quelques jours, le Centre pour les droits humains « Memorial » a reçu une note officielle du ministère russe de la Justice qui l’informait qu’à l’occasion d’un contrôle du site de l’organisation, il avait découvert des documents qui « compromettent l’ordre constitutionnel de la Fédération de Russie en appelant à renverser le gouvernement et à réformer le régime politique. »

Cette note marque le début d’une procédure qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’organisation.

En théorie, elle a 15 jours pour faire appel de la décision rendue le 9 novembre ; dans la pratique, le ministère de la Justice a informé la presse le 11 novembre qu’il avait déjà transmis le rapport au procureur général pour qu’il prenne les mesures nécessaires. Les membres du Centre pour les droits humains « Memorial » doivent attendre de connaître leur sort, qui peut aller d’une amende au titre du Code des violations administratives à des poursuites pénales, voire à la fermeture de l’organisation.

La fermeture serait une grande perte pour la société civile russe et un nouveau coup porté à la liberté d’expression, de plus en plus assiégée depuis le retour de Vladimir Poutine à la présidence en 2012. Dédiée au départ à l’histoire et à l’éducation, Memorial est un réseau d’organisations et d’associations qui dénonce les violations des droits humains passées et présentes. Le Centre pour les droits humains « Memorial » fait partie de ce réseau de militants de la société civile.

Memorial née sous l’impulsion de Sakharov, célèbre dissident à a fin de l‘époque soviétique reconnu internationalement, a eu un rôle de plus en plus important au moment de la pérestroïka en particulier dans la reconnaissance de l’ampleur des crimes staliniens, l’aide aux familles à connaître le destin de leurs proches parmi les déportés du goulag, les mises à mort dans le silence ; jusqu’à intervenir comme l’instance centrale de référence pour les défenseurs des droits de l’homme en Russie. En particulier au Comité nous avons suivi comment elle a agi en  Tchétchénie parfois seule à s’obstiner malgré les risques à tenter de faire reconnaître les droits de Tchétchènes soumis à l’arbitraire.

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