CONFERENCE-DEBAT : La Tchétchénie, laboratoire politique de la Russie ?

Durant la guerre de Tchétchénie un grand besoin était né d’intervenants des droits de l’homme par rapport aux actions de l’armée russe puis des forces du pouvoir installé par la Russie. C’est à ce moment qu’est née l’association Memorial de Grozny. Elle permettait aux familles ayant vu disparaître les leurs par des enlèvements anonymes d’avoir au moins une adresse où confier leur désarroi. D’autre part cette association essayait de faire rendre la justice lorsqu’elle pouvait prouver la culpabilité quelque soit le grade et la fonction du présumé coupable. C’est justement à cause de la grande efficacité de cette association qu’a été organisé l‘assassinat de sa responsable Natalya Estemirova le 15/07/2009.  Malheureusement ce coup porté a eu une certaine efficacité : Memorial ne pouvait plus rester à Grozny et a replié ces équipes. Ce départ laissait un grand vide et l’association Comité contre la Torture (CaT) qui intervenait à travers tout le territoire russe pour lutter contre l’arbitraire policier et judiciaire en utilisant le droit existant a décidé d’aider la population tchétchène en fonctionnant sur un mode particulier à cause des menaces : elle crée le Joint Mobile Group (JMG) formé de quelques intervenants ne restant que quelques temps sur place à Grozny avant d’être remplacés par d’autres. Cependant dès le départ Igor Kalyapin le fondateur du CaT et du Joint Mobile Group, a reconnu qu’il y avait un risque mais qu’il fallait le courir. Leur travail, bien qu’entravé par toutes sortes d’officiels tchétchènes, a permis au moins de faire connaître le sort de plusieurs victimes d’abus de droit. Ils ont cependant été l’objet de pressions claires avec des menaces. On peut penser qu’ils ont été un peu protégés par leur origine russe. Après l’attentat perpétré par des combattants islamistes à Grozny le 4 décembre dernier, le Comité contre la Torture s’est élevé contre l’ordre du président de la république, Ramzan Kadyrov, d’incendier les maisons des familles des insurgés et d’expulser du territoire tchétchène tous les membres de leurs familles. Cette protestation rejoignait celles d’Amnesty International et d’autres organisations. Cette défense des familles a provoqué la colère du pouvoir de Kadyrov qui a organisé une manifestation le 13 décembre traitant les membres du JMG de « complices des terroristes ». Leur local a été incendié ce jour-là et le lendemain la police a perquisitionné leur domicile en se saisissant des ordinateurs. A un autre niveau, ultérieurement le CaT a été placé sur la liste des associations agents de l’étranger par le gouvernement russe (l’appellation agent de l’étranger sous Staline désignait les traîtres).

Nous sommes particulièrement heureux d’accueillir Oleg KHABIBRAKHMANOV directeur des opérations du Comité contre la Torture et intervenant en Tchétchénie qui viendra à la Mairie du 1er arrondissement, place Sathonay,  jeudi 9 avril à 19h, en compagnie d’Anne LE HUEROU, sociologue, universitaire spécialiste de la Russie. Vous pourrez leur poser toutes les questions qui vous tiennent à cœur. En cette période riche d’actualité russe nous avons de la chance de rencontrer un acteur de terrain engagé et courageux.

 

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