Tchétchénie : 20 ans d’une guerre qui n’en finit pas.

Le 11 décembre 1994 débutait ce que les Russes ont toujours refusé d’appeler une guerre contre la Tchétchénie qui avait déclaré son indépendance. L’histoire de cette guerre, longue, comporte des phases différentes : la première guerre a vu une victoire militaire tchétchène (1996) après des pilonnages réduisant Grozny en tas de ruines atteignant indifféremment russes et tchétchènes. Des accords sont signés permettant l’élection régulière d’un président, Aslan Maskhadov. Pendant plus de trois ans la situation reste très confuse mais sans conflit avec la Russie, la Tchétchénie étant très isolée, sans contact ni aide d’aucune partie du monde sauf des pays du Moyen-Orient désireux d’exporter l’islamisme. La seconde guerre déclenchée en 99 dans des conditions troubles (attentats contre des immeubles d’habitation en Russie mis sur le compte des Tchétchènes et dont les services secrets russes sont probablement l’auteur) a vu la torture généralisée de tous les hommes en âge de combattre (camps de filtration) et un pillage des civils. La sortie de la guerre s’est effectuée douloureusement sans que jamais des négociations n’aient été ouvertes avec les indépendantistes pourtant ouverts aux compromis. Un tchétchène a été placé par la Russie à la tête de la Tchétchénie puis son fils (Ramzan Kadyrov) après qu’il ait été assassiné. Par le chantage et la terreur, des combattants indépendantistes ont été retournés et sont devenus la garde prétorienne du président tandis que les rebelles, islamistes, se radicalisaient.

Comme les corps des disparus jamais retrouvés l’histoire chahutée de ce territoire est ensevelie : le souvenir de la déportation de 1944 est interdit d’évocation, le monument du souvenir est déplacé, tous les auteurs d’exactions ne sont ni recherchés ni encore moins punis.

Il est décourageant de constater que 20 ans après des dizaines de milliers de morts tout continue : des rebelles viennent attaquer des bâtiments dans Grozny, le pouvoir de Ramzan Kadyrov incendie les maisons des familles de présumés rebelles et la dernière ONG défendant le droit des citoyens contre les abus d’autorité se voient menacés violemment et son local brûlé.

Kadyrov menace les familles d’expulsion du territoire, elles rejoindraient les centaines de milliers de réfugiés qui se demandent si leur pays pourra les accueillir un jour à nouveau.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :