Archive | mars 2014

Un criminel de guerre commandant en Crimée

Source: «Memorial» (article de Mediapart, blog Etudes Russes du 16 mars)

Le Centre de droits de l’homme «Memorial» a fait un communiqué de presse à propos du commandant militaire russe Igor Turchenyuk. Dans les années 2000-1999, Turchenyuk était le commandant de la 138e brigade motorisée en Tchétchénie. Il est apparu impliqué dans le cadre de cas graves de violations des droits de l’homme. Pendant la deuxième guerre de Tchétchénie, il à été aussi responsable de la disparition d’au moins sept personnes. Au début de Mars 2014, les médias ont rapporté qu’il commande en chef les forces d’occupation russes en Crimée. Ces derniers jours, des rapports de Crimée nous informent de la détention et de la disparition de personnes, journalistes, de militants de la société civile, de militaires ukrainiennes. Nous espérons que les détenus seront été retrouvés. Toutefois, compte tenu de l’expérience du conflit armé en Tchétchénie, ce qui se passe aujourd’hui est très préoccupant.
Le Général Turchenyuk n’est pas connu du grand public comme par exemple le général Vkadimir Chamanov, tristement célèbre par ses bombardements et pilonnages de villages et convois de réfugiés. Début mars, c’est lui qui a dirigé les exercices militaires de grande envergure près de la frontière ukrainienne. Le 29 mars 2011, par décret du Président russe Dmitri Medvedev, Turchenyuk a été nommé commandant adjoint de la région militaire Sud. Auparavant, du 5 Août 1999 au 7 Juillet 2000, Igor Turchenyuk avait commandé la 138e brigade motorisée stationnée dans le district d’Urus-Martan en Tchétchnie. Au début de Février 2000, les unités de la brigade ont participé à l’opération « Chasse au loup » dans les régions montagneuses du sud de la Tchétchénie, près de la frontière avec la Géorgie. À Urus-Martan, lieu de cantonnement temporaire de la brigade, ont été inhumés sept corps, précédemment détenus par l’armée.

Le 11 septembre 2000, trois corps ont été découverts par un paysan sur l’ancien site de campement de la 138e brigade. Leurs mains étaient attachées avec de la corde et du fil, le crâne comportait des trous de balle. Ils avaient été enlevés par des militaires à un check point le 20 décembre 1999. Malgré les témoignages évidents, les militaires n’ont pas été inquiétés.

En janvier quatre autres personnes ont disparues. Leurs cadavres ont été retrouvés au mois de juin dans une fosse que l’on savait avoir été creusée par les militaires de la 138e brigade. Ils portaient des traces de tortures terribles, les thorax étaient enfoncés, les rotules cassées. Tous trois avaient les mains liées derrière le dos avec une corde. Il n’a été donné aucune suite aux plaintes déposées devant la justice.

Ces crimes sont restés impunis, comme la quasi-totalité de milliers en Tchétchénie. À présent, l’ancien commandant de la brigade commande les forces russes en Crimée.