23 février : déportation des tchétchènes

(Article de Médiapart du 23 février 2014)

Il y a exactement 70 années, le 23 Février 1944, l’armée soviétique et les troupes du KGB ont mené une opération baptisée « Tchétchévitsa », signifiant: « lentilles », suite à un jeu de mot fait avec le mot Tchétchéne. Afin d’accroître l’effet de surprise, la date du 23 février, jour de fête de l’armée rouge, à été choisie pour cette déportation.

Staline a justifié celle-ci par la collaboration de la population Tchétchène avec les Allemands. Or, un simple regard sur les cartes de la guerre dans le Caucase en 1942-1944 montre que le territoire de la Tchétchénie-Ingouchie n’a jamais été occupé par les Allemands. Toute collaboration massive était donc impossible.

 En 6 jours (du 23 au 29 Février), l’ensemble de la population de la Tchétchénie-Ingouchie a été chargée dans des wagons à bestiaux et envoyée dans les steppes nues d’Asie centrale. Ceux qui n’ont pu être déplacés pour une raison quelconque, comme les habitants du village de Haibach, 700 personnes, les patients de l’hôpital d’Urus-Martan (plus de 200 personnes), les villageois de la zone montagneuse de Galanchozh (6000 personnes) ont été tués sur place. Certains ont été brûlés vifs dans les étables, d’autres ont été abattus et enterrés dans la cour de l’hôpital, d’autres noyés dans le lac Galanchozh. Des dizaines de milliers de personnes sont mortes en chemin, de faim, de froid et de maladie. 50% des Tchétchènes et des Ingouches ont disparus dans les 13 ans qui ont suivi la déportation.

Le 23 février 1994, à Grozny un mémorial aux victimes de cette déportation a été construit. Ce complexe a survécu aux deux guerres de Tchétchénie, aux bombardements, des tirs de roquettes, mais il n’a pas résisté à la trahison.

Tout d’abord, la journée de la déportation du 23 Février à été rapportée au 10 mai, date des obsèques du père de l’actuel président « collabo » Kadirov de la Tchétchénie de Poutine. Puis le mémorial de la déportation à été dissimulé derrière une haute clôture. Enfin, à présent, le mémorial est démonté pour être déplacé hors du centre de Grozny.

Toute mémoire de la guerre menée par la Russie au Caucase depuis 400 ans doit disparaître définitivement. Telle est la volonté des autorités. La cérémonie d’ouverture des J.O. De Sochi qui censure la présence des peuples natifs dans cette région (Adigues, Kabardes, Tcherkesses) s’inscrit totalement dans cette politique d’ethnocide programmée.

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